Tendances

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Bilan des tendances 2004

Le retour du commerce électronique

En atteignant le chiffre symbolique de 5 % des ventes de détail aux États-Unis, le commerce électronique B2C va passer du statut de canal marginal à celui d'incontournable. Par contre en étant 2 à 3 fois moins cher que le commerce traditionnel, le commerce électronique devient une composante fondamentale de la rentabilité des entreprises. Dans ce contexte, les entreprises qui ont profité des dernières années pour prendre leur place et acquérir l'expérience nécessaire vont bénéficier d'un avantage concurrentiel décisif. Par contre, il se peut que ceux qui prédisaient l'échec du « ecommerce » aient l'air aussi ridicule sinon plus que ceux qui annonçaient qu'il allait fermer tous les centres commerciaux de nos banlieues.

Bilan en 2005

Nous ne nous sommes pas trompés. Le commerce électronique est maintenant une composante incontournable de la vente aux consommateurs. Selon l'US Census Bureau, avec 69 milliards d'US$ de ventes, le commerce électronique atteint 2 % des ventes de détail en 2004. Quand on retire la restauration (384 milliards), la vente d'essence (340 milliards) et celle de véhicules automobiles (864 milliards) qui ne peuvent être commercialisés sur Internet, le commerce électronique représente plus de 3 % de ces ventes. À cela il faut encore ajouter les 40 milliards US$ de ventes de l'industrie du voyage qui ne sont pas incluses par l'USCB et pour lesquelles Internet représente près de 25 % ainsi que les ventes de particuliers à particuliers, notamment via les sites d'enchères. On arrive ainsi à un ratio de 109 milliards d'US$ vendus électroniquement aux consommateurs sur un total de 2 590, soit un ration de plus de 4 % auquel il faut ajouter les ventes aux enchères. eBay à elle seule a généré 32 milliards US$ de transactions en 2004 tandis qu'Amazon annonçait un record de 2,8 millions d'items vendus en une seule journée. De son coté Verisign a constaté des ventes en lignes de 300 MUS$ par jour durant les fêtes. Du coté canadien, même si l'offre reste encore problématique, la demande est très forte, 50 % de la population canadienne passe en moyenne une heure et demi par mois sur des sites de vente en ligne.

Compagnies de disque en solde !

Alors que l'échange gratuit de fichiers est devenu une activité quotidienne pour la plupart des internautes de tous âges et que les compagnies informatiques ont montré qu'elles savaient mieux vendre la musique que les maisons de disque, l'industrie musicale va découvrir l'étendue de la débâcle qui l'attend. Les importantes baisses de revenus des dernières années n'étaient qu'un avant-goût du prix à payer pour n'avoir pas voulu répondre aux attentes de la clientèle. Pendant qu'Apple, Microsoft, Dell et Wal-Mart se disputent le marché de la vente en ligne, les compagnies de disque se vendront à une fraction de la valeur qu'elles avaient il y a quelques années, quand elles ne seront tout simplement pas obligées de fermer leurs portes désertées par des artistes qui verront que leur avenir n'est pas au même endroit que leur passé et par des clients qui n'aiment pas se faire traiter de voleurs par ceux qui ont trop longtemps abusé de la poule aux oeufs d'or.

Bilan en 2005

Cette prévision ne s'est pas réalisée. Probablement parce que les majors font plus d'argent avec les appareils utilisant la musique piratée qu'avec les ventes de CD. Les majors commencent à se rendre compte que le partage de fichiers gratuits sur Internet ne représente qu'un tiers de ses pertes de revenus, la principale cause étant la faiblesse des produits vendus. D'ailleurs pendant que démarre une guerre des prix qui finira sur la gratuité des chansons, on constate que les consommateurs sont prêts à payer pour des sonneries de cellulaire à partir d'extraits des mêmes chansons. La preuve que si l'industrie avait embarqué dans la vente en ligne en 1996 comme on le lui a conseillé, les internautes auraient pris l'habitude de payer plutôt que de se convertir au piratage faute d'alternative légale. Un peu de vision et d'ouverture aurait ainsi permis à l'industrie de réduire d'un tiers la chute des ventes constatée depuis 4 ans.

Le cinéma a compris la musique

L'échange de films sur Internet va commencer à faire les manchettes comme la musique l'a fait ces dernières années. Mais l'industrie cinématographique semble prête à s'adapter et à tirer profit de l'évolution de son marché. Les nombreuses expériences de location de films en ligne ainsi que les accords que certains joueurs passent avec les entreprises de P2P pour assurer leur distribution sur de nouveaux marchés montrent que l'industrie est sur le point de découvrir les nouveaux modèles d'affaires qui lui permettront d'éviter la débâcle que vit l'industrie du disque, même si cela se fait sur le dos des vidéoclubs dont l'industrie aura de moins en moins besoin pour rejoindre les consommateurs. Mais cela fait longtemps que l'on sait qu'Internet n'a pas de pitié pour les intermédiaires sans valeur ajoutée.

Bilan en 2005

Nous avons vu juste. Tant pour ce qui est de la visibilité du piratage vidéo que de l'ouverture et de la souplesse de l'industrie pour s'adapter au nouveau contexte du marché. Ainsi on a vu l'industrie supporter les nouveaux modèles de distribution du type Netflix ou TiVo transférant ainsi le problème aux distributeurs ces intermédiaires qui, comme nous l'avions annoncé, voient leur modèle d'affaires complètement transformé et qui sont obligés de s'adapter à toute vitesse. De leur coté, ces nouveaux joueurs continuent d'inventer des nouvelles avenues qui passent de plus en plus par Internet.

Le Wi Fi prend le contrôle du divertissement au foyer

L'intégration du Wi-Fi aux équipements audiovisuels domestiques va faire sauter la dernière frontière entre Internet et le divertissement familial. Envoyer sa compilation de MP3 sur sa chaîne HiFi, regarder sur son cinéma maison le dernier film téléchargé sur le Net, enregistrer sur son ordinateur un extrait d'une émission de télévision pour l'envoyer par courriel, accéder depuis sa cuisine à toutes les recettes du monde via son ordinateur portatif et Google, changer la photo qui apparaît dans le cadre sur la table de nuit sans avoir à brancher un seul fil et sans avoir à payer d'abonnement, la convergence technologique tant annoncée se fait enfin et ni Bell, ni Vidéotron, ni Microsoft ne la contrôlent. NetGear plugs Wi-Fi into hi-fis

Bilan en 2005

Notre tendance a été pleinement confirmée au début de janvier 2005. C,est effectivement lors du Consumer Electronic Show que l'on a vu comment l'industrie s'en va dans cette direction même si les ratés dans les présentations ont démontré que leur offre n'est pas toujours au point. De nouveaux joueurs de cette industrie sont déjà à combiner PC, Wi-Fi, système de son et télé, défrichant ainsi le terrain pour les majors comme Rio l'a fait dans le passé avec les lecteurs portables MP3. Toutes les pièces ne sont pas encore rassemblées mais chaque morceau est là. Cela comprend les systèmes de son Wi-Fi pour diffuser les MP3 de son PC, la diffusion des films piratés sur Internet sur la TV ainsi que la diffusion de la vidéo en Wi-Fi. Au passage, le Wi-Fi et Internet devenant le base de tout divertissement de salon, le rôle des cablos est remis en cause par certains qui proposent d'amener la programmation sur le télé sans passer par le câble.

Au tour de la télé

Longtemps considérée comme protégée, la télévision va commencer à ressentir sérieusement les impacts d'Internet. Même si elle est dissimulée par le phénomène éphémère de la télé-réalité, la baisse d'audience constatée aux États-Unis sur le segment très payant des jeunes hommes de 18 à 35 ans n'est qu'un signe avant coureur du « Tsunami » qui va faire fondre ses revenus publicitaires dans les prochaines années. Les quelques chaînes et émissions qui ont su intégrer le web dans leur processus de production seront favorisés dans la recherche d'une solution qui, comme dans la presse écrite n'est pas forcément l'apanage des plus gros ou des plus argentés.

Bilan en 2005

Une autre tendance confirmée. La baisse est bien visible. En mars dernier, Nielsen constatait déjà aux Etats-Unis une chute de l'audience télé de 12 % parmi les 18-34 ans et de 20 % pour les 18-24 ans! Une étude menée dans 7 pays européens a montré que 56 % des abonnés haute vitesse délaissent la télé. De son coté, l'université de Standford a mené une étude montrant que les internautes américains passent deux fois plus de temps sur Internet que devant la télé et qu'ils ont diminué leur utilisation de la télé de 30 minutes par jour soit une baisse de 30 %! Cette nouvelle ne fera surement pas plaisir au monde de la télévision, pourtant rien n'est perdu car il est possible pour ces chaînes de récupérer cette audience sur leur site Internet ou de l'envoyer sur le site de leurs annonceurs.

Internet au pouvoir ?

Alors qu'Internet est en train de devenir le joueur principal de la campagne électorale américaine, les partis politiques canadiens démontrent chaque jour un peu plus qu'ils ne peuvent pas représenter l'avenir de notre société et que le fossé qui les sépare de la population est chaque jour plus profond. Même s'il n'est pas certain que la société québécoise soit prête à se lancer dans la démocratie participative qu'offre le réseau des réseaux, la majorité des québécois s'attend à ce que ses dirigeants soient au moins aussi branchés qu'eux-mêmes ce qui est très loin d'être le cas comme l'a prouvé Paul Martin avec son blogue pathétique.

Bilan en 2005

Cette tendance s'est confirmée. La remontée impressionnante et inattendue du candidat démocrate Howard Dean dans la primaire américaine a confirmé l'importance politique d'internet. Alors que la rapport Gautrin a donné un espoir de voir enfin se dessiner une vision technologique québécoise, force est de constater que les retombées ne sont pas là. La réforme en cours du système électorale aurait pourtant été une occasion exceptionnelle de lancer une consultation électronique et d'y convier la population. D'ailleurs cela pourrait prendre dix ans avant que l'état québécois réponde aux attentes électroniques de ses citoyens. Pendant ce temps-là des pays nous surprennent, comme le Vénézuela qui vient de se doter d'une stratégie économique globale reposant sur le logiciel libre. Il faut dire que le Vénézuela avait normalisé l'usage du libre au gouvernement dès 2002. Suggestion à monsieur Charest : renvoyez les habituels experts technologiques qui vous font gaspiller des centaines de millions et invitez monsieur Chavez à vous expliquer comment tirer réellement partie économiquement et socialement des technologies sans dépenser une fortune.

Apparition du cinéma personnel

La combinaison de la Haute Vitesse, des caméras numériques et des outils de montage gratuits va provoquer l'émergence d'une multitude de cinéastes en herbe qui vont publier en ligne leurs productions allant du vidéo de mariage à la fiction scénarisée. Même si beaucoup de ces oeuvres ne rayonneront pas plus loin que la famille et les copains du bureau, certaines de ces productions surprendront l'industrie comme cela s'est déjà passé dans le passé avec les pages personnelles et les blogues.

Bilan en 2005

Même si le rush n'est pas encore là cette tendance s'est effectivement confirmée. Les principaux indicateurs en sont le lancement par Yahoo d'un outil de recherche de vidéos sur le web, le développement des vidéoblogs qui ont pris la une à l'occasion du tsunami qui vient de ravager l'Asie et l'apparition de chaînes de télé personnelles telle que MeTV.

La fin des faux débats

Internet est-il un gadget sans avenir ou va-t'il fermer toutes les boutiques et les médias ? L'Internet sera-t'il payant ou gratuit ? Est-il un média commercial ou communautaire ? Est-il le Big Brother annoncé ou va-t'il briser la censure des états totalitaires ? Sert-il à éduquer les enfants ou à les pervertir ? Est-il Dieu ou Satan ? 2004 démontrera que ces questions n'ont aucun fondement. Internet est un outil puissant et universel et en même temps il n'est que ça, un outil dont la finalité dépend de qui s'en sert et de l'effort qu'il fait pour le maîtriser.

Bilan en 2005

Sans commentaires ;-)


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