Tendances

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Bilan des tendances 2005

Le texte bouleverse la publicité

La publicité par mot-clé représente aujourd'hui 42 % des budgets publicitaires sur Internet aux Etats-Unis. Cette explosion combinée à la croissance importante de la publicité sur Internet, qui est devenu un média à part entière, va bouleverser l'industrie qui depuis 20 ans a basé son développement sur l'image et l'effet visuel. Ce changement va impliquer une transformation profonde des pratiques publicitaires et du mode de travail des agences qui devront dorénavant déployer leurs efforts à analyser ce que cherche l'internaute plutôt qu'à lui imposer un message par la séduction ou la répétition. Lorsqu'une publicité est limitée aux 25 caractères permis par Google et que son positionnement dépend de taux de clic et non plus des budgets, le spectaculaire vient de perdre sa puissance.

Bilan en 2006

En Amérique du Nord, le budget de la publicité dans les moteurs de recherche en 2005 a représenté plus de 7 milliards de dollars tandis que plus d'un milliard était dépensé dans l'indexation des sites web. 80 % des annonceurs ont utilisé les moteurs de recherche dans leur marketing en 2005. La croissance devrait être de 25 % en 2006. Au Canada, le marketing des moteurs de recherche représente plus de 30 % du marketing Internet, soit plus de 150 millions de $. D'ailleurs la plupart des médias québécois offrent des publicités contextuelles sur leurs sites, ce qui représente aujourd'hui une portion importante de leurs revenus publicitaires sur le web. Du coté de l'industrie, les offres de positionnement dans les agents de recherche et de publicité textuelles foisonnent, mais comme dans tout nouveau domaine, les amateurs cotoient les professionnels et les clients en font parfois chèrement les frais.

L'ère de la mesure

Maintenant qu'Internet est passé du statut de gadget promotionnel à celui d'outil de marketing majeur, les entreprises vont devoir mesurer systématiquement les résultats de leurs activités. Cette mesure continue est la clé de l'optimisation nécessaire pour s'adapter à l'évolution rapide des comportements des internautes. Elle posera de nombreux défis aux entreprises peu habituées à mesurer en temps réel, aux agences peu habituées à mesurer de vrais résultats d'affaires et aux technologues dont les outils et les méthodes sont loin de faciliter ce processus de mesure. Un beau défi qui prendra le devant de la scène cette année, mais qui nécessitera des années d'efforts.

Bilan en 2006

La Cybermétrie est devenue effectivement une composante fondamentale cette année. Qu'on en en prenne pour exemple Google qui a racheté l'un des 3 principaux joueurs, Urchin, pour lancer Google Analytics, un service de cybermétrie gratuit permettant aux sites d'optimiser leurs résultats donc ceux des publicités que Google y affiche. Le nouveau service a été saturé dès le lendemain de son lancement. De leur coté, les entreprises dépensent de plus en plus en outils et services de cybermétrie. Un marché de 500 millions de dollars en 2005 qui croît de plus de 50 % annuellement. Par contre, la rareté de personnes qualifiées et compétentes en cybermétrie affecte fortement l'exploitation et le croisement des résultats.

Internet révolutionne la téléphonie

En investissant des milliards dans le VoIP (téléphonie sur Internet), les compagnies de télécommunications creusent leur tombe. Le VoIP va ouvrir la porte à une guerre des prix qui se terminera d'ici quelques années par l'offre de forfaits de téléphonie illimitée (incluant les communications internationales) pour moins de 50 $ par mois, remettant ainsi en cause les revenus des telcos. Il va aussi créer le lien manquant entre le cellulaire et le Wi-Fi, (Internet sans fil) bouleversant du même coup le modèle d'affaires des compagnies de communication sans fil.

Bilan en 2006

Les chiffres record obtenus par les cablodistributeurs et autres vendeurs de téléphonie IP dépassent toutes les attentes. Vidéotron a dépassé ses objectifs de plus de 20 %. Aux États-Unis ce sont 10 millions de foyers qui utilisent la téléphonie Internet tandis qu'au Canada, les cablodistributeurs ont déjà récuperé 7 % du marché des lignes locales. Comme prévu, c'est sur la composante prix que se livre la chasse à l'abonné. De son coté le cellulaire commence à se marrier au Wi-Fi permettant bientôt de passer ses communications sur le réseau Internet sans fil lorsqu'il y en a un de disponible et d'économiser ainsi ses précieuses minutes.

Internet Haute Vitesse gratuit

Alors que le modèle du Wi-Fi payant dans les commerces est en train de faire long feu, l'abondance de bande passante inutilisée dans les réseaux de fibre optique des grandes villes combinée à l'apparition du Wimax, une sorte de Wi-Fi sur stéroïdes va permettre à des gouvernements locaux ou à des annonceurs de déployer à faible coût les infrastructures nécessaires pour offrir Internet Haute Vitesse gratuitement à tout un quartier. On pourra ainsi parler de villes réellement branchées offrant une valeur ajoutée stratégique pour attirer les entreprises et les décideurs. À moins que l'on surfe sur un réseau commandité par Nike ou Coca-Cola nous obligeant à passer par une publicité du généreux commanditaire à chaque connexion. Dans les deux cas, cela augure mal pour les fournisseurs d'accès qui commençaient enfin à faire des profits.

Bilan en 2006

Une autre prédiction qui s'est totalement réalisée. Lorsque les internautes ont découvert que Google préparait un projet de Wi-Fi, les rumeurs et analyses se sont multipliées à travers la presse spécialisée. Pendant ce temps plusieurs villes à travers le monde lançaient des projets pour offrir l'Internet haute vitese sans fil gratuitement sur leur territoire. C'est le cas de New York, San Francisco, Los Angeles, Philadelphie, New Orleans, Chicago, Portland, Miami, Londres, Amsterdam, Moscou, et même... Paris et Ottawa. Malheureusement Montréal et Québec ne font pas partie de la liste. La vision sociale d'Internet continue-t'elle à manquer aux politiciens québécois ?

L'agrégation secoue les communications

Les services de repérage de contenu parmi des milliers de sources, comme les alertes Google ainsi que le développement de l'utilisation des agrégateurs de fils RSS, vont changer le monde des communications. Cela passera par la systématisation de la diffusion de l'information sous forme de fils RSS tant de la part des médias qui ont largement adopté cette technologie que de la part des entreprises qui pourront ainsi rejoindre directement journalistes et consommateurs plus efficacement que par le courrier électronique. Cela passera aussi par un regard beaucoup plus critique du travail des journalistes de la part d'internautes qui pourront facilement suivre quotidiennement les sujets qui les intéressent sur des centaines, voire des milliers de sources. Une fois encore, Internet va remettre en cause les intermédiaires qui n'amènent pas de réelle valeur ajoutée perçue. Cette fois-ci, cela concerne les intermédiaires de l'information, soit les médias, les agences de presse et les journalistes.

Bilan en 2006

Force est de constater que cette prédiction ne s'est pas encore concretisée. En effet, même si La Presse et Le Devoir ont mis des fils RSS sur leur site, ils restent des pionniers parmi les médias québécois et l'utilisation de ces fils reste encore marginale. Du coté des entreprises, celles qui offrent un fil RSS de leurs communiqués sont encore des exceptions peu nombreuses. Pour ce qui est de la critique des médias, la blogosphère continue de jouer un rôle important et croissant. Même si le point de rupture n'a pas été atteint, il apparaît de plus en plus proche.

Internet TV... enfin!

La vidéo sur Internet atteint enfin sa maturité grâce au développement d'Internet Haute Vitesse et à l'évolution technologique ininterrompue depuis 1995 qui se concrétise dans le codec H.264. Cette maturité va se traduire par une multiplication de l'offre ainsi que par l'apparition de nouveaux modèles d'affaires alimentés par les bouleversements qu'Internet impose aux industries de la télévision et du cinéma. On va donc voir arriver de nombreux projets de diffusion de contenus télévisuels sur Internet, remettant en cause le rôle habituel des distributeurs afin de transformer les limites de la télévision actuelle (contrainte de choix et contrainte d'heure) en un gigantesque libre-service télévisuel dans lequel les internautes pourront monter leur programmation en toute liberté.

Bilan en 2006

Une autre prédiction qui s'est pleinement réalisée. Entre Google Vidéo et le iPod d'Apple, des dizaines de nouveaux modèles de diffusion de contenu vidéo via le web ont été annoncés. En parrallèle, les réseaux de télévision multiplient les accords pour assurrer la présence de leurs contenus sur ces nouveaux marchés. Ces derniers restent néanmoins pris dans le paradoxe entre leur besoin de rester proches des consommateurs et leur absence de modèle d'affaires réaliste. Peu d'émissions trouveront preneur à 2$ l'épisode pour un visionnement de qualité inférieur à celui de la bonne vieille télévision sur laquelle l'émission est...gratuite.

Internet au féminin

Alors qu'Internet a longtemps été vu comme un média essentiellement masculin, la place prise par les femmes aujourd'hui majoritaires et le fait qu'elles achètent plus souvent sur Internet que les hommes va déstabiliser une industrie principalement masculine. Cela va impliquer une remise en cause de l'approche de beaucoup de sites pouvant aller jusqu'à l'apparition de sites en double version (une pour les hommes et une pour les femmes). Cela va aussi créer un impact dans l'embauche des femmes dans les métiers reliés à Internet.

Bilan en 2006

Bien qu'elle se confirme, cette tendance semble ne pas encore avoir eu d'effet visible. Le conservatisme masculin semble être plus fort que l'appât du gain et l'industrie met beaucoup de temps pour s'adapter à cette nouvelle réalité.


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